Projet XVIIIème: les dessous (3)

Tant qu’à faire un costume (et pas un déguisement) bien construit, autant le faire à fond…
Me voici donc lancée dans la fabrication d’une « chemise », sous-entendu une chemise de dessous.
Cette pièce de sous-vêtement a été le fondement de toute garde-robe féminine du Moyen-Âge jusqu’au début du XXème siècle. Elle a un but essentiellement utilitaire, à savoir de protéger les vêtements de dessus de la « crasse » du corps: le commun des mortels possédait relativement peu de tenues « de dessus », celles des classes aisées étaient en tissus fragiles (soieries), et ornementés de broderies, pierreries etc…, et dans le siècle qui nous intéresse, le XVIIIème, le vêtement venant directement par-dessus la chemise est le corps baleiné, accessoire fort peu lavable et à protéger pour le faire durer.

Pour le fun, une petite vidéo de l’épreuve d’habillage d’une dame à la fin du XVIIIème siècle:

Le patron de la chemise au XVIIIème est sensiblement le même que depuis le Moyen-Âge: coupe droite devant et dos (2 rectangles), manches droites aussi (2 autres rectangles), et des goussets sous les bras (2 losanges) et sur les côtés (2 triangles) pour l’aisance; le même patron que le bliaut en somme (sauf que le bliaut est d’un seul tenant avec un trou pour la tête, ici devant et dos sont séparés.
Petite entorse à l’historicité, il me semble que l’encolure XVIIIème est plus arrondie, alors que j’ai décidé de ne pas me compliquer la vie et de faire un décolleté en carré (plus antérieur); je comptais sur la coulisse pour arrondir la chose, c’est raté, mais c’est pas grave, ce vêtement sera de toute manière caché.
Idem pour mon ruban, pour le moment il est bleu marine (ruban de récup acheté une misère chez Emmaüs), car je n’avais pas de ruban blanc assez long et étroit, je le changerai à l’occasion.
La robe ne m’a donc rien coûté du tout, car tout est issu de mon stock, le ruban, et le tissu, un drap blanc de grand-mère reçu en héritage: une vraie merveille à porter, il est tissé serré, dans une fibre assez fine, il a un tombé de folie et est très « frais », mais froissable à vue d’oeil:  je le soupçonne de ne pas être 100% coton mais de comporter une part de lin… j’ai utilisé les lisères et les ourlets du drap pour m’épargner de la couture, et coupé tout le reste aux ciseaux cranteurs, et ça ne bouge pas d’un poil!! Un vrai bonheur!

Photo de la robe repassée avant pose de la coulisse et du lien, et refroissée après couture mais finie:

 

Voilà donc les fondations presque terminées, et le corps semi-baleiné est en bonne voie… J’envisage également de me faire un second jupon, pour porter sous le rayé qui a tendance à être trèèèès transparent; j’ai justement fait une razzia de draps blancs anciens à 1€ lors de la braderie d’Emmaüs pour faire mes toiles, l’un d’entre eux pourrait bien finir en jupon!

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